Le biais d’analyse sur le numérique qui semble se répéter de secteur en secteur sans effet d’apprentissage. Pour les dirigeants, c'est d'abord un gadget dont la meilleure preuve de sa vraie nature est qu'il ne gagne pas d'argent (au début). Pour les syndicats, il s'agit d'une nouvelle manière de créer un inconfort pour les salariés. Musique, film, commerce, services : le numérique est en fait un combat entre deux capitalismes ; un capitalisme de production à rendement décroissant contre un capitalisme de plateforme à rendements croissants.
Cette première erreur conduit ensuite à une phase d'adaptation subie et donc non-maîtrisée dans la majorité des cas. L'adaptation numérique subie est réalisée en transposant la grammaire du numérique dans la "grammaire" connue du dirigeant. Numérique devient économie de coût avec son automatisation, son augmentation des cadences, ... Le numérique est injecté dans un modèle d'affaires ou un écosystème connu. Dans ce cas, sa puissance transformatrice est dénaturée, elle ne protège que temporairement les acteurs en place et paradoxalement le numérique fragilise les entreprises classiques car il introduit une perte de repères et de maîtrise des leviers opérationnels.